Les troubles d'apprentissage en questions

 


Sommaire

  1. Qu'est-ce qu'un trouble d'apprentissage (TA) ?
  2. Existe-t-il une relation entre les TA et les autres manifestations de la NF1 ?
  3. Quelle est la proportion d'enfants atteints ?
  4. Un trouble spécifique d'apprentissage se manifeste-t-il dans la NF1 ?
  5. Quelles sont les manifestations des TA ?
  6. Existe-t-il des troubles du comportement associés aux TA ?
  7. Parmi toutes ces manifestations, quelles sont les plus fréquentes ?
  8. A partir de quand peut-on évoquer ce diagnostic ?
  9. A qui s'adresser pour un bilan de TA ?
  10. Quelle est l'évolution possible des TA ?
  11. Une amélioration est-elle possible ?
  12. Que peut-on faire sur le plan pédagogique ?
  13. Que peut-on faire sur le plan thérapeutique ?

1. Qu’est ce qu’un trouble d'apprentissage (TA) ?

C'est un trouble polymorphe et multifactoriel, suffisamment stable dans le temps et important dans sa déviance, recouvrant des notions cognitives mais également sociales, relationnelles..., se définissant surtout par ses effets et se révélant le plus souvent dans le contexte scolaire par des résultats décevants.

L'échec des apprentissages dans les divers domaines concernés ne peut facilement être rapporté à un déficit global de l'intelligence, à des perturbations psychoaffectives graves, à une carence éducative ou à des déficits sensoriels ou moteurs.

Les TA peuvent se rencontrer soit isolément, soit associés à d'autres pathologies telles que l'infirmité motrice cérébrale ou la spina-bifida. Toutefois, la fréquence des TA dans la NF1 en fait pour certains auteurs un critère diagnostique de cette affection.

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2. Existe-t-il une relation entre les TA et les autres manifestations de la NF1 ?

Non. Il n'a pas été retrouvé de corrélations entre les autres manifestations cliniques de la NF et les TA.

Les hypothèses d'association entre les hypersignaux sur l'IRM et les TA n'ont pas été confirmées.

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3. Quelle est la proportion d'enfants atteints ?

Autour de 40% d'enfants atteints de NF1 présentent des TA (proportion admise par la plupart des auteurs). Cette proportion est environ 3 fois plus importante que dans la population générale.

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4. Un trouble spécifique d'apprentissage se manifeste-t-il dans la NF1 ?

Non. C'est la fréquence élevée et l'association de certaines difficultés qui est évocatrice de la NF1, sans qu'il soit possible d'affirmer avec certitude leur origine.

Les manifestations sont extrêmement hétérogènes chez un sujet donné, différentes d'un sujet à l'autre, et même souvent variables d'un moment à l'autre chez un sujet donné.

D'une façon générale il s'agit d'une pathologie du "savoir-faire", avec un apprentissage difficile mais possible.

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5. Quelles sont les manifestations des TA ?

Elles sont d'ordre verbal et/ou non-verbal.

  1. Les manifestations non verbales :
  2. Les manifestations verbales : Voix, parole et langage

    Ces troubles sont également liés à des composantes non verbales : altération directe des organes phonateurs, mémoire à court terme limitée, maladresse d'articulation (dyspraxie), désorganisation du raisonnement associatif, mauvaise perception visuelle et/ou auditive.

  3. Compétences logico-mathématiques
    Elles sont parfois perturbées, avec existence d'une dyscalculie, d'une difficulté à poser les opérations ou à suivre un raisonnement dans la résolution des problèmes; les manifestations sont très variables dans leur nature et leur intensité.
  4. Retard intellectuel
    Tels qu'il peut être apprécié par les tests psychométriques, il est de fréquence à peine supérieure à celle de la population générale. Lorsqu'un déficit existe il est habituellement limité et certains sujets ont un niveau nettement supérieur à la moyenne. Les tests les plus altérés seraient ceux faisant appel aux compétences visuelles ou spatiales, à l'attention ou aux aptitudes motrices fines, alors que les résultats seraient bons pour la compréhension.
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6. Existe-t-il des troubles du comportement associés aux TA ?

On constate fréquemment :

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7. Parmi toutes ces manifestations, quelles sont les plus fréquentes ?

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8. A partir de quand peut-on évoquer ce diagnostic ?

Suivant la définition, le TA ne peut être porté avant l'âge scolaire.

Chez le jeune enfant, si le diagnostic de NF est connu : un retard psychomoteur, une marche tardive ou instable, une lenteur, une maladresse gestuelle, une agitation psychomotrice peuvent éveiller les soupçons.

En maternelle l'observation recherchera des perturbations de l'expression orale (articulation, langage), de la mémorisation des consignes ou des chansons, du repérage spatio-temporel, du graphisme, de l'adresse, de l'attention; l'intégration dans la classe peut être difficile.

Il est souhaitable de faire effectuer un bilan systématique pendant l'année de grande section de maternelle, puis en fin de CP.

Noter cependant que parfois les TA apparaissent alors que les évaluations précédentes étaient rassurantes, d'où la nécessité d'une surveillance régulière pendant la scolarité pour dépister l'apparition d'un trouble plus tardif, et éviter l'accumulation de problèmes difficiles à surmonter.

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9. A qui s'adresser pour un bilan de TA ?

Le mieux est d'orienter l'enfant vers une équipe pluridisciplinaire habituée à ce type de pathologie ; le bilan sera effectué selon les besoins par un médecin compétent en neuropsychologie, un orthophoniste, un phoniatre, un psychiatre, un psychologue, un psycho-motricien, un orthoptiste...

Surtout une évaluation globale de l'enfant relève d'un bilan psychométrique ; il a l'avantage de balayer l'ensemble des compétences verbales et non verbales, de mettre en parallèle performances et compétences, et de pointer les secteurs de difficultés spécifiques de chaque enfant.

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10. Quelle est l'évolution possible des TA ?

Une fois les difficultés installées, elles ont tendance à se majorer si cet enfant, qui ne peut plus répondre aux exigences scolaires, d'où un écart se creusant de plus en plus avec les autres enfants, n'est pas aidé de façon adaptée. Ceci est à l'origine de redoublements, voire d'orientation en filière spécialisée (SEGPA...).

Par contre à l'âge adulte, il semble que les patients atteints de NF soient relativement bien insérés dans le tissu social et professionnel.

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11. Une amélioration est-elle possible ?

Oui, car il s'agit plus d'une "maladresse" d'apprentissage que d'une réelle incapacité.

Ces enfants s'adaptent plus difficilement que les autres à certaines contraintes d'ordre scolaire : rythme rapide, nécessité d'une attention soutenue, enseignement collectif.

Ils doivent bénéficier d'un soutien pédagogique et/ou thérapeutique, et cela très précocement.

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12. Que peut-on faire sur le plan pédagogique ?

Plusieurs aides sont envisageables : simple soutien à domicile par les parents ou un étudiant, cours particuliers, soutien effectué dans le cadre des réseaux d'aide de l'école (R.A.S.E.D.), classes ou regroupements d'adaptation, cycles secondaires passant de 2 à 3 ans, redoublements ; s'il reste en milieu scolaire ordinaire, l'enfant a tout intérêt à bénéficier de petits effectifs ; des solutions de classes spécialisées au rythme et à la pédagogie personnalisés (CLIS , SEGPA) ou d'Instituts Médico-Educatifs (IME) seront retenues pour certains enfants. Ce sont les CCPE, CCDS, CDES qui décident de l'orientation de l'enfant. Il est utile d'agir précocement.

Ces enfants ou adolescents doivent bénéficier de conseils méthodologiques, d'explications répétées. Ils ont besoin de plus de temps et de répétitions pour apprendre la même chose.

Il faudra utiliser un abord pluri-sensoriel, et pour certains privilégier les explications orales. Ils sont plus fatigables, leur concentration est brève, et il faut donc vérifier leurs acquisitions au fur et à mesure.

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13. Que peut-on faire sur le plan thérapeutique ?

Les TA représentent une altérations diffuse et multifactorielle dont l'approche doit être globale, impliquant l'enfant, la famille, les différents rééducateurs et thérapeutes, souvent en lien avec l'école.

Les prises en charge peuvent être effectuées par un orthophoniste, un psychomotricien, un ergothérapeute, un psychologue, un pédopsychiatre, un orthoptiste...

La guidance parentale est indispensable pour expliquer aux parents l'origine et la nature des TA de leur enfant et accompagner celui-ci sur tout ou partie de son parcours scolaire ; elle peut être effectuée par chacun des intervenants dans son domaine.

Il parait peu concevable d'instituer une prise en charge spécifique aux TA dans les NF, car les tableaux sont très variés, demandant des aides très diverses, mais correspondent à des prises en charge pratiquées couramment chez les enfants, après adaptation à ce qui a été relevé pendant le bilan.

  1. La psychomotricité
    Elle facilite l'acquisition des différentes étapes du développement moteur, développe la coordination, permet l'intégration du schéma corporel et extra-corporel et la maîtrise de l'espace.
  2. L'ergothérapie
    Elle améliore la coordination oeil-main et les réalisations de type constructif (puzzle, constructions logiques), permet d'apprendre à manier les outils (ciseaux, crayons, règles), développe l'organisation spatiale et le graphisme (dessin, pré requis de l'écriture, utilisation de l'espace page).
  3. L'orthoptie
    Pour tout enfant porteur de troubles oculomoteurs à type de strabisme et/ou de nystagmus, on fait appel à l'orthoptiste afin qu'il l'entraîne à une poursuite oculaire harmonieuse et à des saccades efficaces. Il contrôle également la coordination oeil-main et la vitesse de lecture, en particulier de l'oeil dévié. Il assure avec l'ophtalmologiste la prévention et la cure des amblyopes strabiques.
  4. L'orthophonie
    La rééducation orthophonique agit dans les domaines suivants :
  5. Le psychologue
    Il réalise les bilans qui mettent en évidence d'éventuels déficits et peut poser l'indication d'une rééducation. Il peut prendre en charge les enfants pour améliorer leur logique, leur attention, leur mémoire ; face à des troubles du comportement, des entretiens, voire une véritable thérapie, peuvent se justifier.

Les rééducations parallèles peuvent être menées soit en secteur libéral lorsque cela est possible, ce qui est le cas pour l'orthophoniste par exemple, soit entraîner une admission dans des services spécialisés (ceux de l'Education et de Soins Spécialisés à Domicile) qui interviennent soit au domicile de l'enfant, soit sur le site scolaire.

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Ces réponses aux questions ont été réalisées par le collectif des médecins du Centre Nantais Neurofibromatose:
Dr BARBAROT (dermatologue), Dr BORDURE (ORL), Dr COUTANT (rééducation fonctionnelle), Dr DAVID (généticien), Dr GAYET (radiologue), Dr GLOANEC (psychiatre), Dr LAVENANT (ophtalmologiste), Melle V. LEMOINE (orthophoniste), Dr MAHE (rééducation fonctionnelle), Dr MANSAT (dermatologue), Dr MUSSINI (neurologue), Dr N'GUYEN (neuro-pédiatre), Dr PEUVREL (phoniatre), Dr ROBERT (neurochirurgien), Dr SARTRE (chirurgien plasticien), Dr STALDER (dermatologue).

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Révision : janvier 2001 .